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Mauritania : construction of a well in Hadra Etakwa

1. Préambule :

La commune de Tmeimichatt se situe au Nord-Ouest de la Mauritanie dans la wilaya de DAKHLET Nouadhibou sur le point kilométrique 319 de la voie ferrée qui relie Nouadhibou à Zouerate.
Le déminage de ce village a été terminé en décembre 2006 par le bureau national de déminage humanitaire et l’ONG HAMAP avec l’aide de l’ambassade d’Allemagne et des fonds propres de l’ONG HAMAP.
Position géographique : 21° 10’ 384” / 014° 21’ 236

2. Population :
Le nombre d’habitant est estimé à environ 1600 habitants repartis comme suit :

Localité de TMEIMICHATT 653 personnes
Localité de HADRA ETAKWA 312 personnes
Localité Puits d’AHMAIME 280 personnes
Localité puits de LOUBAIRATE 170 personnes
Localité puits de BIRIGNI 275 personnes

Une partie importante de cette population (60%) est nomade et vit à proximité de ces localités. Les femmes représentent 45 % et les enfants 25 % de la population. Les travailleurs de la SNIM, dont l’activité est l’exploitation minière, est la seule société qui opère dans l’espace de la commune de Tmeimichatt. Cette entreprise emploie 8 % de la population dont 6 % occupe des emplois journaliers.

3. Situation actuelle :

31. Eau potable : les localités de la commune ne disposent pas de réseaux d’adduction d’eau potable ni de points d’eau modernes. L’approvisionnement en eau potable est assuré par le train de service à raison de 350 tonnes d’eau par semaine. Il existe également quelques points d’eaux polluées (puisards, mares,..) qui complètent partiellement le déficit des besoins en eau en saison des pluies pour le cheptel.

32. Assainissement : les ménages et les écoles ne disposent d’aucun système d’assainissement. Ceci engendre une situation sanitaire et hygiénique déplorable.

33. Education : la commune dispose de deux écoles. L’une de 2 classes et l’autre de 3 classes ont été construites dans les années 70. Les murs des classes sont fissurés. Ces écoles regroupent 96 élèves, 3 instituteurs et un directeur. Les plafonds peuvent tomber à tout moment et les classes ne protègent plus les élèves contre le froid ni contre la chaleur. Les tables sont dans un état critique, les classes sont sous le risque d’avancée des dunes.
L’emplacement de ces classes est très proche de la voie ferrée si bien que le bruit des trains dérange les cours des élèves.
La situation sanitaire est déplorable car il n’existe ni toilettes ni réserve d’eau.

34. Santé : le seul petit centre de santé qui sert à toute la commune se trouve dans état ne permettant pas un fonctionnement normal :
• manque d’équipements ;
• manque de matériel médical ;
• local inadapté (baraque en préfabriqué) ;
• absence d’ambulance pour l’évacuation des malades.

4. Activité économique :

41. L’élevage est la principale activité de la population. Il rencontre beaucoup de difficultés :
• manque de points d’eau pastoraux ;

• manque de pluie fréquente dans cette zone ;
• réduction des zones de pâturage. Celles qui existent encore se trouvent très éloignées des points d’eau existants qui sont les réserves implantées le long de la voie ferrée qui relie Nouadhibou à Zouerate. Les points d’eau sont alimentés par le train de service lorsque la circulation sur la voie ferrée est normale. Si la voie est endommagée toute la ligne est privée d’eau jusqu’au rétablissement de la circulation ferroviaire ;
• dégâts occasionnés par la circulation des trains qui écrasent quotidiennement 2 à 3 têtes de bétail qui viennent s’abreuver ;
• manque d’assistance vétérinaire pour le cheptel.

42. Le maraîchage : la plupart des coopératives sont tenues par des associations composées de femmes. Celles-ci sont directement impliquées dans les activités maraîchères et artisanales. Ces activités, qui constituent une source importante de revenus pour ces associations, sont très affectées par le manque d’eau.

43. Le commerce : le commerce est exercé par une partie de la population qui rencontre les difficultés suivantes :
• hausse des prix ;
• transport et moyens inadaptés ;
• locaux ne permettant pas la conservation des produits périssables ;
• inexistence de programmes d’appuis à l’activité.

44. Autres activités diverses : le ramassage et le criblage des graviers, exercé par un bon nombre de personnes, connaissent eux aussi beaucoup de difficultés pour développer une activité génératrice de revenus.

5. Priorités à traiter :

Parmi les problèmes majeurs à résoudre, on peut citer :
 Le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement pour un nombre important de communautés sédentarisées :
Ces localités ne disposent pas de réseaux d’adduction d’eau potable ni de points d’eau modernes.
Ces villages disposent en général d’une source alternative d’eau polluée (puits, puisard, mares,..) qui arrive en général à résorber partiellement le déficit des besoins en eau en saison des pluies avec tous les risques sanitaires qui peuvent en résulter.
Aucun moyen d’assainissement n’a été mis en place. Les habitants font recours à la nature avec tous les risques sanitaires et hygiéniques.
 Le taux élevé de maladies d’origine hydrique :
Le taux d’affection des maladies hydriques reste élevé. Ces maladies affectent généralement la couche la plus vulnérable à savoir les enfants. Selon l’annuaire des statistiques sanitaires (1998), le motif majeur des admissions dans les centres de réhabilitation nutritionnelle (CREN), est la diarrhée qui est souvent liée à la consommation d’eaux polluées et aux mauvaises conditions d’alimentation.. Les maladies gastro-entérites, parasitoses intestinales, typhoïde, hépatite virale sont également fréquentes chez les enfants. Le manque d’eau dans les villages entrave les pratiques d’hygiène en particulier chez les femmes et les enfants. La prolifération des trachomes a été très étendue ces derniers temps.
 La production des coopératives féminines est faible par manque d’une ressource d’eau capable de répondre à leur besoin : La plupart des coopératives féminines sont directement impliquées dans les activités maraîchères artisanales. Ces activités qui constituent une source importante de revenu pour ces associations, sont affectées par l’absence d’eau.
 L’éloignement du point d’eau des habitations des ménages : L’éloignement de la source d’approvisionnement en eau, constitue un handicap considérable et freine le travail des forces productives des villages. La création de branchements particuliers et de bornes fontaines pour l’abreuvement du cheptel, permettra de gagner du temps pour ces populations et améliorera des activités de production.
 Le taux de scolarisation faible de certains centres :
Le Ministère de l’Éducation Nationale a mis en place une politique de création d’écoles qui pose comme critère essentiel l’existence d’un système d’approvisionnement en eau potable éligible à la création de nouvelles écoles.
La création de réseaux d’eau potable et de systèmes d’assainissement permettra le renforcement de l’éducation et de l’hygiène en milieu scolaire dans les villages ciblés. Il faut souligner qu’il est prévu de créer des branchements particuliers et des latrines séparées (filles/ garçons) sur les lieux d’implantation des écoles.
 L’exode rural vers les grands centres urbains :
Le manque d’activité génératrice de revenu, l’absence d’approvisionnement en eau adéquat sont souvent l’une des origines de l’immigration vers les grands centres urbains.
La réalisation des projets permettra d’atténuer les effets de l’exode par la création de nouvelles activités dans les villages bénéficiaires.
 l’abreuvement du Cheptel durant la saison d’été :
Durant la saison sèche, l’abreuvement du cheptel, devient un problème sérieux pour les habitants du village. Les animaux sont épuisés par les mois de sécheresse et ne peuvent plus assurer la traction au niveau des puits qui sont au seuil de tarissement.

La présence d’un système d’approvisionnement en eau permettra d’alléger ce problème et peut aider à la régénération du milieu naturel par la plantation d’espèces locales qui peuvent servir d’éléments de fourrage pour les animaux.
 réduction de la pauvreté dans les villages concernés :
L’approvisionnement en eau potable, l’amélioration des conditions d’assainissement, de santé et d’éducation des populations bénéficiaires aura certainement un impact sur la réduction de la pauvreté.

6. Bénéficiaires et acteurs principaux :

Les bénéficiaires principaux sont les habitants des cinq localités de la commune. La population bénéficiaire de la zone du projet est estimée environ à 1600 habitants. Les principaux bénéficiaires sont :
• les femmes et les enfants ;
• les coopératives féminines fortement impliquées dans la production maraîchère et artisanale ;
• les enfants en âge de scolarisation ;
• les ménages à faible revenu bénéficiant de branchements particuliers facilitant l’accès à l’eau potable et à l’électricité octroyée par le groupe électrogène de la SNIM ;
• les collectivités rurales ;
• les chômeurs qui bénéficieront de la création d’emplois (gestionnaires de réseaux, plombiers, fontainiers…) ;
• les personnels des services publics (centre de santé, école, mairie,..) qui seront desservis en eau potable et en assainissement adéquat ;
• le cheptel source de revenu de la population de ce milieu rural ;
• les opérateurs locaux.

7. Désignation des projets en cours :

• Construction d’un réseau d’alimentation en eau potable de quatre kilomètres et demi dans le village de Tmeimichatt, chef lieu de la commune ;

• Construction et réhabilitation des puits existants ;
• Construction de 20 latrines type VIP ;
• Construction d’un local pour le centre de santé ;
• Exécution de forages d’exploitation ;
• Construction d’une Ecole de 4 classes, bureaux et bibliothèque ;
• Réseau d’alimentation électrique.

8. Projet de la construction d’un réseau d’alimentation en eau potable de quatre kilomètres et demi dans le village de Tmeimichatt, chef lieu de la commune.

81. Mission exploratoire
Une mission exploratoire a déjà été réalisée par un responsable technique de la branche HAMAP INGENIERIE pendant une durée de sept jours, accompagné d’un ingénieur mauritanien de HAMAP MAURITANIE .
Cette mission s’est effectuée en liaison étroite avec le maire de Tméimichatt. Les sept jours se sont décomposés en quatre journées de déplacement et trois journées d’étude sur place.
Le coût de transport de Paris à Nouakchott en avion a été de 1 350 € (Air France étant la seule compagnie à effectuer ce vol en direct de week-end à week-end), auquel il a fallu ajouter les frais de visa de 30 €. Le responsable technique reçoit un Per Diem de 80 € par jour, pour se nourrir et se loger (560 € pour 7 jours). Le village de Tmeimichatt se situe à 2 jours de déplacement en taxi en passant par Attar et à deux journées en passant par Nouadhibou (1 jour en taxi et 1 jour en train pour faire Nouadhibou Tmeimichatt). Il faut prévoir 200 € pour le déplacement aller et retour, en comprenant le repas du conducteur et son hébergement. L’ingénieur mauritanien reçoit un Per Diem de 30 € par jour (210 € pour 7 jours y compris le déplacement). Les déplacements sur place sont pris en compte par le maire de Tmeimichatt. Le coût total pour la mission exploratoire est donc de 2 350 €.

82. Le principe technique
Le principe de cette opération consiste à relier des cuves de stockage d’eau vers une zone habitée et éloignée de la voie ferrée pour alimenter les villageois et éviter aux animaux de se faire écraser par les trains. Il s’agit de creuser des tranchées de 80 cm de profondeur par main d’œuvre manuelle locale sur une distance de 4 500 mètres linéaires (ml). L’étude prévoit la fourniture et la pose d’une conduite en PVC DN 63 mm en PN10 de 4 500 ml pour les réseaux d’adduction d’eau potable.
L’alimentation des bornes fontaines se fait à partir de réseaux secondaires en PVC / PN10 diamètre 32 et 25 mm, y compris toutes les pièces de raccordement, les coupes de conduites, le comptage et toutes sujétions (filet avertisseur, destruction de roches dans certains passages délicats, etc.).
L’étude comprend le tracé, les calculs de sections, les études de ferraillage, la rédaction du marché et de l’appel d’offres pour la réalisation, la fourniture et l’approvisionnement des matériaux. Cette étude est réalisée par un bureau d’études local de Nouakchott.

83. Aménagement de bornes fontaines
Six bornes fontaines seront construites pour les différents quartiers du village. Ces bornes seront équipées d’accessoires de robinetterie avec un minimum de 3 robinets par borne. Les fontaines seront situées sur une aire bétonnée de 2 x 2 m2. Un abri sera confectionné pour installer et protéger les équipements hydrauliques (compteurs, vannes, etc.).

84. Aménagement d’abreuvoirs en béton
Il sera également réalisé quatre abreuvoirs en béton armé de 3,5 m x 4,5 m x 0,4 m pour le cheptel aux endroits déterminés par le comité de représentation des bergers et des nomades. Ces abreuvoirs seront éloignés de la voie ferrée. Le raccordement des abreuvoirs se fera par un piquage sur la conduite d’alimentation du réseau AEP.

85. Suivi et contrôle technique
La mission de réalisation est suivie par un conducteur de travaux payé 24 € par jour y compris le Per Diem.
L’opération est contrôlée au début, puis en cours de la mission, et in fine, avant paiement, par Monsieur Abdi Ould Ahmed T’Feil, ingénieur BTP, directeur de la branche ingénierie de HAMAP MAURITANIE (3 voyages de 6 jours dont 4 journées de déplacement de Nouakchott à Tmeimichatt, soit 200 € de déplacement et 180 € de Per Diem par mission).

86. Bilan prévisionnel

Mission exploratoire : 2 350 euros
Etude technique : 910 euros
Suivi des travaux : 60 jours à 24 euros = 1440 euros
Contrôle en fin de chantier : 3X6jours à 180 euros =1140 euros
Exécution tranchée (excavation & remblai) : 4500 ml X 1,62 euros = 7290 euros
Fourniture et pose tuyaux : 4500 ml X 4,68 euros = 21 060 euros
Raccordement des différentes connections : 10 840 euros
Réalisations de bornes-fontaines : 6 X 1080 euros = 6 480 euros
Exécution d’abreuvoirs en béton armé : 4 x 2480 euros = 9 920 euros
Divers & Aléas : Forfait de 5% = 3 070 euros
TOTAL : 64 500 euros

87. Cofinancement
La mairie prend à sa charge 10% du montant de l’opération soit 6 450 €.
L’ONG HAMAP prend à sa charge 20 % de l’opération soit 12 900 €.
Il est demandé pour cette opération 45 150 €.

9. Conclusions

Ce projet permettra d’alimenter en eau potable l’ensemble du centre de la commune de Tmeimichatt qui a été victime des mines pendant plusieurs années. Ce projet est basé sur la coopération entre la ville, avec la volonté du maire, nouvellement élu, de dynamiser sa commune, d’accueillir des touristes et d’augmenter la population en procurant du travail afin de sédentariser les jeunes familles.
L’ONG HAMAP a passé 4 mois sur place pour déminer le cœur de cette commune. C’est la raison du choix de ce village et c’est le but du déminage humanitaire qui a le souci de développer les zones fraîchement dépolluées.
Sans perdre de vue l’objectif principal du projet qui est l’apport d’eau potable, il faut prendre en compte les conséquences directes et indirectes du projet, toutes positives, à savoir :
o l’amélioration des conditions de vie des habitants,
o la diminution des maladies hydriques graves,
o une stimulation de la micro-activité économique locale,
o la lutte contre l’analphabétisme (on peut en effet espérer que la plupart des enfants passeront moins de temps qu’auparavant à la collecte de l’eau),
o la diminution de l’écrasement de bétail par le train.
A notre sens, il est important de souligner que ce projet d’adduction d’eau assurera une véritable source de revenus pour le développement du village grâce au développement de la culture maraîchère et des petits emplois qu’il va engendrer. La création de richesses locales permettra un véritable essor de la région et dynamisera la population pleine d’espoir dans ces projets.



Publication : September 2008

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